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Lettre confinement 31

Le silence de l’écoute

Il y a parfois un grand écart entre ce qui est dit et ce que nous entendons de ce que dit autrui. Une personne raconte une anecdote et est interrompue par des commentaires divers de personnes pensant avoir vécu quelque chose de similaire. Une personne parle et celle qui l’écoute lui finit sa phrase à partir de sa propre interprétation. Une personne use de ce qu’elle pense être un trait d’humour et vexe son interlocuteur qui se sent agressé. Parfois, les mots fusent comme des feux d’artifice, comme un jeu de mots sans règles précises. C’est à celui qui en dira le plus comme un enchaînement d’opinions et de réactions.

Communication et écoute sont des piliers de la vie relationnelle mais parfois nous les transformons en armes ou tout du moins en mauvais outils. Apprenons à nous taire avant de parler. Apprenons à entendre jusqu’au bout ce que l’autre souhaite partager. Ecouter, ce n’est pas seulement se taire mais c’est aussi faire silence en soi, faire taire la voix en nous qui prépare déjà sa réponse avant même que l’autre formule sa question. Ecouter, parler, c’est accepter aussi qu’il n’y a pas forcément d’obligation à commenter la parole de l’autre ou à proposer une réponse qui nous ferait paraître intelligent. Il s’agit aussi d’apprendre à se taire sans que notre silence apparaisse comme une marque de désintérêt ou d’ennui. Se taire pour être totalement présent à l’autre par notre écoute…

Barbara Walter de la communauté


A partir des textes de ce jeudi 3 juin 2021

Le long récit de la nuit de noces de Sarra et de Tobie dans le livre de Tobie (chapitres 6 à 8) est bien loin des récits habituels de nos magazines ou de notre littérature ! Il y a infiniment de respect, de délicatesse, de spiritualité dans cette union, qui fait écho du reste à l’Evangile de ce même jour (Mc 12, 28-34) : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force… et tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Tant il est vrai que l’amour du prochain, même dans les liens du mariage, rejoint le projet de Dieu sur chacun d’entre nous. L’homme est créé pour aimer et pour être aimé, et il n’est pas possible de dire que Dieu est amour et que l’amour nous serait interdit, pour quelque raison que ce soit, même pour ceux qui ont fait vœux de chasteté. Simplement la chasteté fait référence à ce respect, cette reconnaissance, cette non-possession de l’autre dont fait preuve Tobie dans sa rencontre avec Sarra. Du reste la chasteté n’est-elle pas offerte, désirée, demandée, dans tout mariage chrétien ? Et si certains parmi nous font librement et pour toujours vœux de chasteté, ce ne peut être qu’avec le désir d’aimer autrement et universellement, d’aimer dans la continence certes, mais d’aimer vraiment !

La chasteté est à mettre en place dans toute relation à l’autre, que ce soit dans l’accompagnement spirituel, dans la vie commune ou dans la collaboration. Elle n’est sans doute pas si facile à vivre et l’objet de bien des combats ! Elle est la marque du respect de l’homme pour les créatures de Dieu.

Père Georges Cottin, sj

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