Formateur en aménagement paysager au CFA de Kerplouz, Thomas Picard accompagne depuis plusieurs années des jeunes en formation aux métiers du paysage. Le partenariat engagé avec le centre spirituel de Penboc’h s’inscrit pleinement dans la dynamique de renaissance du parc, durement touché par la tempête Ciaran. À travers ce projet, c’est bien plus qu’un chantier qui s’est dessiné : une expérience humaine, pédagogique et écologique tournée vers l’avenir. Planter aujourd’hui, c’est préparer le paysage de demain et transmettre aux générations futures un patrimoine.

© Anne-Marie Maigne
C’est avec beaucoup de joie que je partage avec vous cette expérience collective menée autour de la rénovation du parc du centre spirituel de Penboc’h, à Arradon.
Ce parc de 5 000 m², riche d’une grande diversité végétale – arbres centenaires, arbustes, massifs de vivaces – a été profondément marqué par la tempête Ciaran du 1er novembre 2023, qui a entraîné la chute de près de 150 arbres. À la suite de cet événement, un important travail de sécurisation et de remise en état a été engagé, accompagné par une réflexion paysagère portée par l’Atelier du Taillis, sous la conduite d’Étienne Vazzanino.
C’est dans ce contexte que la rencontre avec le centre de Penboc’h a vu le jour, grâce notamment à Anne-Marie Maigné, fortement engagée dans la vie du parc, et à Patrick Sicard, directeur du centre. Leur accueil, leur disponibilité et leur confiance ont été déterminants pour permettre la mise en place de ce partenariat avec le CFA de Kerplouz.
Avec mes classes de Brevet Professionnel Aménagement Paysager, nous avons eu la chance de contribuer concrètement à ce projet à travers quatre journées de terrain. Quatre journées intenses, riches en apprentissages, en échanges et en rencontres.
Dès la première intervention, consacrée à la sauvegarde des végétaux existants, les jeunes ont pleinement saisi le sens de leur action : préserver ce qui pouvait l’être avant les grands travaux à venir. Cette approche, à la fois respectueuse du vivant et inscrite dans une logique de transformation du site, a donné une profondeur particulière à leur engagement.
Les journées suivantes ont permis d’entrer dans le cœur du projet paysager. Encadrés et accompagnés, les apprenants ont participé à la plantation de massifs visant à redonner de la densité et de la structure aux espaces fragilisés par la tempête. La richesse des échanges avec l’architecte paysagiste, avec les équipes du centre, mais aussi avec l’entreprise paysagère mobilisée sur le chantier, a constitué un véritable atout pédagogique. Les jeunes ont pu comprendre concrètement les enjeux d’un projet réel, dans toute sa complexité et sa cohérence.
Au fil des journées, ils ont expérimenté différentes techniques : répartition des essences, plantations en densité, mise en place de paillage, travail sur les végétaux à racines nues ou en godets, tuteurage des arbres… Mais au-delà des gestes professionnels, c’est surtout la dimension humaine qui a marqué cette expérience. La qualité de l’accueil à Penboc’h, l’attention portée aux jeunes et le sens donné à leur travail ont largement contribué à leur motivation et à leur implication.
La quatrième journée, menée avec un second groupe d’apprenants, a permis de prolonger cette dynamique, notamment à travers la préservation de certains végétaux existants et la participation aux étapes complémentaires du chantier, en lien avec l’entreprise Atlantic Paysage.
Ces quatre journées resteront comme un temps fort pour les jeunes, qui ont exprimé leur satisfaction et leur fierté d’avoir contribué à un projet porteur de sens. Elles illustrent pleinement ce que peut être une formation ancrée dans le réel, ouverte sur son territoire et nourrie de rencontres.
Je tiens à remercier chaleureusement l’ensemble des acteurs du centre de Penboc’h, et en particulier Anne-Marie Maigné et Patrick Sicard, pour leur engagement et leur confiance. Merci également à tous ceux qui ont rendu cette collaboration possible.
Planter, c’est croire en l’avenir. Et à Penboc’h, cet avenir prend racine, jour après jour.
Thomas Picard